Faut-il remettre une note d’honoraires à chaque séance ?
Oui, dès que la séance coûte 25 € TTC ou plus, ce qui est le cas de presque toutes les séances. L’arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 (nouvel onglet), qui s’applique à toutes les prestations de services, impose de remettre une note au client une fois la prestation rendue et avant le paiement. En dessous de 25 €, la note est remise si le patient la demande.
Le même arrêté demande d’afficher ces conditions de remise de la note à l’endroit où l’on paie, et d’établir la note en deux exemplaires : l’original pour le patient, le double pour vous, conservé au moins deux ans et classé par date.
En pratique, la question ne se pose guère : la note d’honoraires « acquittée » est le justificatif que demandent les mutuelles pour rembourser la séance, l’Assurance maladie ne remboursant pas l’ostéopathie.
D’où viennent les mentions obligatoires ?
Trois familles de textes se superposent, et il est utile de savoir laquelle s’applique :
- L’arrêté n° 83-50/A fixe le contenu de la note remise au patient, comme pour toute prestation de services.
- Les règles fiscales de facturation (Code général des impôts, annexe II, art. 242 nonies A) visent les factures exigées par le CGI. Les soins exonérés de TVA en sont en principe dispensés (CGI, art. 289), mais ces règles servent de référence pour les mentions utiles : numéro, identification, mention d’exonération. Elles s’appliquent pleinement si vous facturez une entreprise.
- Les règles propres à votre statut : la mention « EI » pour l’entrepreneur individuel (Code de commerce, art. R526-27 (nouvel onglet)) et l’indication de votre diplôme sur tout document (décret n° 2007-435, art. 14 (nouvel onglet)).
Les mentions, une par une
| Critère | Ce qu’il faut indiquer | Source | Statut |
|---|---|---|---|
| Date de rédaction | Le jour où la note est établie | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Praticien | Nom, prénom et adresse professionnelle | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Mention « EI » | « EI » ou « entrepreneur individuel » à côté du nom | C. com., art. R526-27 | Obligatoireen entreprise individuelle |
| Diplôme | Par exemple « Ostéopathe D.O. » ou l’intitulé de votre diplôme | Décret 2007-435, art. 14 | Obligatoire |
| Patient | Nom du patient (sauf s’il s’y oppose) | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Séance | Date et lieu de la séance | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Prestation | Décompte détaillé : « Consultation d’ostéopathie », quantité, prix unitaire | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Total | Somme totale HT et TTC (identiques pour un soin exonéré) | Arrêté 83-50/A, art. 3 | Obligatoire |
| Mention de TVA | « TVA non applicable, art. 261-4-1° du CGI » | CGI ann. II, art. 242 nonies A, 12° | Recommandée(obligatoire sur une facture au sens fiscal) |
| Numéro | Numéro unique, dans une séquence chronologique et continue | CGI ann. II, art. 242 nonies A, 7° | Recommandé(obligatoire sur une facture au sens fiscal) |
| SIRET | Numéro d’identification de votre établissement | CGI ann. II, art. 242 nonies A, 1° | Recommandé(obligatoire sur une facture au sens fiscal) |
| RPPS | Numéro à 11 chiffres | Exigence des mutuelles (aucun texte trouvé) | Fortement conseillé |
| Règlement | « Acquittée le … par carte, espèces, chèque ou virement » | Pratique des mutuelles | Conseillé |
Mentions d’une note d’honoraires d’ostéopathe exerçant en libéral, selon leur source (état au 19 octobre 2026) · Les mentions « recommandées » deviennent obligatoires dès que la note est une facture au sens fiscal, notamment lorsque vous facturez une entreprise.
Quelle mention de TVA écrire sur la note d’honoraires ?
Les soins dispensés par les praticiens autorisés à faire usage du titre d’ostéopathe sont exonérés de TVA (CGI, art. 261-4-1° (nouvel onglet)). Sur une facture, le texte demande de citer la disposition qui exonère, ou toute autre mention qui indique l’exonération. La formulation usuelle est :
« TVA non applicable, art. 261-4-1° du CGI »
Deux points d’attention :
- L’exonération vise les soins. Les recettes sans lien avec les soins, comme la vente de produits, un atelier collectif ou la sous-location d’un bureau, n’en bénéficient pas (BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (nouvel onglet)). Elles peuvent relever de la franchise en base (CGI, art. 293 B, seuils de 37 500 € et 41 250 € pour les services), avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Faites-vous confirmer votre situation par votre expert-comptable.
- La TVA change de code au 1er janvier 2027. Ses règles passent dans le Code des impositions sur les biens et services (CIBS) ; les références au CGI restent admises sur les factures jusqu’au 30 juin 2028 (BOFiP (nouvel onglet)). Vous n’avez donc rien à changer dans l’immédiat.
Le numéro RPPS est-il obligatoire sur la note d’honoraires ?
Nous n’avons trouvé aucun texte qui impose le numéro RPPS sur la note d’un ostéopathe. En revanche, la plupart des contrats de mutuelle le demandent pour rembourser la séance : sans lui, votre patient risque un refus. Indiquez-le systématiquement.
Depuis la dernière bascule d’octobre 2024, les ostéopathes sont enregistrés au répertoire RPPS, avec un numéro à 11 chiffres qui ne change pas en cas de déménagement ; l’ancien numéro ADELI est devenu obsolète (Agence du numérique en santé (nouvel onglet)).
Comment numéroter ses notes d’honoraires ?
L’arrêté de 1983 n’exige pas de numéro sur la note remise au patient, mais numéroter est indispensable pour tenir une comptabilité propre, et obligatoire dès que la note est une facture au sens fiscal. La règle est simple : un numéro unique, dans une séquence chronologique et continue, sans trou ni doublon. Vous pouvez tenir des séries distinctes (par lieu d’exercice, par exemple) si chacune reste continue (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-20-20-10 (nouvel onglet)).
Une note émise ne se supprime pas et ne se réécrit pas : une erreur se corrige par un avoir qui fait référence à la note d’origine, puis par une nouvelle note si nécessaire.
Et si vous facturez une entreprise ou un club ?
Une séance facturée à une entreprise, une association ou un club sportif est une facture entre professionnels. Le Code de commerce (art. L441-9) (nouvel onglet) ajoute alors des mentions : noms et adresses des deux parties, date d’échéance du paiement, taux des pénalités de retard et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Les mentions fiscales (numéro, SIRET, mention d’exonération) deviennent obligatoires.
Établir une note d’honoraires conforme, étape par étape
Une fois vos informations fixes réglées (en-tête, mentions), chaque note se prépare en moins d’une minute.
Préparez votre en-tête une fois pour toutes
Nom, prénom, mention « EI », diplôme, adresse du lieu d’exercice, SIRET et RPPS. Avec plusieurs lieux, un en-tête par lieu.
Attribuez le numéro suivant de la série
Jamais de numéro réutilisé ni sauté. Un logiciel attribue le numéro au moment de l’émission.
Renseignez la séance
Nom du patient, date et lieu de la séance, intitulé de la prestation, quantité et prix unitaire.
Ajoutez le total et la mention de TVA
Total (identique HT et TTC pour un soin exonéré) et « TVA non applicable, art. 261-4-1° du CGI ».
Remettez la note avant le paiement, puis acquittez-la
Indiquez la date et le mode de règlement : la note acquittée sert de justificatif à la mutuelle. Gardez un double.
Checklist avant de remettre la note
À imprimer et garder près de votre poste.
Date de rédaction
Le jour où vous établissez la note.
Votre nom, la mention « EI » et votre adresse professionnelle
Votre diplôme
Exigé sur tout document par l’article 14 du décret n° 2007-435.
SIRET et RPPS
Le RPPS évite les refus des mutuelles.
Numéro unique, à la suite du précédent
Nom du patient, date et lieu de la séance
Prestation détaillée, quantité, prix unitaire et total
« TVA non applicable, art. 261-4-1° du CGI »
Date et mode de règlement (« acquittée »)
Un double conservé
Au moins deux ans pour la note ; six ans pour vos pièces comptables.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les servicesLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Code général des impôts, annexe II, article 242 nonies A (mentions des factures)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Code général des impôts, article 261-4-1° (exonération des soins)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (soins exonérés, recettes sans lien avec les soins)BOFiP-Impôts · bofip.impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-20-20-10 (numérotation des factures)BOFiP-Impôts · bofip.impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Code de commerce, article R526-27 (mention « EI »)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, article 14 (diplôme sur tout document)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [8]Les mentions obligatoires sur une facture (fiche F31808)Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [9]Code de commerce, article L441-9 (factures entre professionnels)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [10]Recodification de la TVA dans le CIBS au 1er janvier 2027BOFiP-Impôts · bofip.impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [11]Code général des impôts, article 293 B (franchise en base)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [12]Dernière bascule des professions dans le répertoire RPPS (octobre 2024)Agence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [13]Code de la consommation, article L131-5 (sanctions de l’information sur les prix)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [14]Livre des procédures fiscales, article L102 B (conservation des documents)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Combien de temps conserver les doubles des notes d’honoraires ?
L’arrêté n° 83-50/A impose de garder le double de la note au moins deux ans. Comme pièces comptables, vos notes se conservent six ans (Livre des procédures fiscales, art. L102 B).
Que faire si je me suis trompé sur une note déjà remise ?
Ne la supprimez pas et ne réutilisez pas son numéro. Émettez un avoir qui fait référence à la note d’origine, puis une nouvelle note correcte avec le numéro suivant.
Faut-il indiquer le motif de consultation sur la note ?
Non. L’intitulé de la prestation (« Consultation d’ostéopathie ») suffit. Évitez de mentionner le motif ou une information de santé : la note peut être lue par des tiers, comme la mutuelle.
Comment établir la note pour un enfant ?
Aucun texte ne fixe de règle particulière. En pratique, indiquez le nom de l’enfant comme patient et celui du parent qui règle : cela évite des refus de la mutuelle.
Une note manuscrite sur carnet à souches est-elle valable ?
Oui, si elle comporte les mentions requises et suit une numérotation continue. Un logiciel évite surtout les oublis et les erreurs de numérotation.