Faut-il créer une fiche Google pour son cabinet ?
Ce n’est pas une obligation, mais c’est souvent la première chose que voit un patient qui cherche un ostéopathe près de chez lui. Google indique que ses résultats locaux reposent principalement sur la pertinence, la distance et la proéminence, et que des informations complètes l’aident à comprendre l’établissement (Google (nouvel onglet)).
Les consignes de Google (nouvel onglet) fixent quelques règles qui comptent pour un cabinet :
- Le nom réel, tel qu’il figure sur votre plaque et vos documents. Pas de mots-clés ajoutés (« ostéopathe nourrisson sportif ville »), pas de slogan.
- Peu de catégories, qui décrivent l’activité principale.
- Une fiche par praticien indépendant qui reçoit des patients ; un cabinet de groupe peut avoir la sienne en plus.
- Une adresse réelle. Si vous exercez uniquement à domicile chez vos patients, masquez votre adresse et indiquez une zone desservie, limitée à deux heures de trajet.
Ajoutez vos horaires, votre téléphone, un lien vers votre site ou votre page de réservation, et des photos du cabinet sans patient reconnaissable. Le nom et le titre doivent être les mêmes partout : plaque, fiche, site, notes d’honoraires. Votre diplôme figure sur la plaque et sur tout document (décret n° 2007-435, art. 14 (nouvel onglet)).
Peut-on répondre à un avis négatif d’un patient ?
Oui, et c’est souvent utile : la réponse est lue aussi par les patients qui vous découvrent. Mais une règle domine tout le reste : ne rien révéler sur le patient.
Le secret professionnel couvre tout ce que vous avez appris dans l’exercice de votre profession, et sa révélation est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende (Code pénal, art. 226-13 (nouvel onglet)). Le fait que le patient se soit exprimé publiquement ne vous délie pas. Concrètement, une réponse ne doit pas :
- confirmer que la personne est venue au cabinet, ni quand ;
- évoquer le motif, la séance, ce qui a été fait ou dit ;
- corriger sa version des faits avec des éléments du dossier ;
- mentionner un tiers (parent, médecin, employeur).
Restez sur ce qui ne concerne que vous : votre manière de travailler en général, vos horaires, votre disponibilité pour en parler en privé.
Comment répondre à un avis négatif ?
Attendez quelques heures, relisez, puis répondez brièvement. Une réponse type, à adapter :
« Bonjour, merci d’avoir pris le temps d’écrire. Je ne peux rien dire ici d’une éventuelle prise en charge : le secret professionnel s’applique aussi en ligne. Si vous le souhaitez, appelez le cabinet : nous en parlerons directement. »
Pour un avis positif, un merci général suffit. Évitez de reprendre ce que le patient a écrit (« ravi que votre dos aille mieux ») : vous confirmeriez publiquement une information de santé.
Avant de publier une réponse
Relisez votre réponse avec ces questions. Une seule réponse « oui » aux quatre premières, et vous la réécrivez.
Confirme-t-elle que la personne est venue au cabinet ?
Évoque-t-elle un motif, une séance, un soin ou un échange ?
Cite-t-elle un prénom, un proche, un médecin ?
Répond-elle point par point aux faits décrits ?
Vous seriez tenté d’utiliser le dossier pour vous justifier.
Propose-t-elle un échange en privé ?
Par téléphone ou au cabinet, jamais en commentaire.
Pourriez-vous la relire à voix haute devant le patient ?
Comment demander des avis à ses patients ?
Demander un avis est permis, à condition de le demander à tous, sans contrepartie et sans filtrer. Le règlement de Google (nouvel onglet) interdit les avis payés, directement ou en nature, les contenus publiés en raison d’un avantage proposé par l’établissement, le fait de « solliciter des avis positifs de façon sélective » et celui de déconseiller les avis négatifs. Il exclut aussi les contenus fondés sur un conflit d’intérêts, comme une relation de travail.
Les façons les plus simples restent les plus sûres : un mot à la fin d’un suivi, une affichette à l’accueil avec un code QR vers votre fiche. Demander un avis par SMS ou par e-mail utilise les coordonnées du patient pour autre chose que ses rendez-vous : nous n’avons trouvé aucune position officielle qui tranche ce cas pour un cabinet de santé. Par prudence, ne le faites qu’auprès des patients qui ont accepté d’être contactés pour cela.
Avis en ligne : ce qui est permis, ce qui ne l’est pas
| Critère | Statut | Source |
|---|---|---|
| Demander un avis à tous vos patients, sans contrepartie | Permis | Règlement Google |
| Ne solliciter que les patients satisfaits | Interdit par Google | Règlement Google |
| Offrir une remise ou un cadeau contre un avis | Interdit par Google | Règlement Google |
| Écrire des avis soi-même ou les faire écrire par ses proches | Interdit | C. conso, art. L121-4, 28° |
| Acheter des avis | Interdit | C. conso, art. L121-4, 28° |
| Modifier un avis pour l’embellir sur son site | Interdit | C. conso, art. L121-4, 28° |
| Répondre en citant la séance ou le motif | Interdit | Code pénal, art. 226-13 |
| Signaler un avis contraire aux règles ou suspect | Permis | Règlement Google ; C. conso, art. L111-7-2 |
| Afficher des avis sur son propre site | Permis, avec des informations obligatoires | C. conso, art. L111-7-2 et D111-10 |
Pratiques courantes autour des avis de patients, leur statut et leur source (état au 19 octobre 2026) · Les faux avis relèvent du délit de pratique commerciale trompeuse : deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, portés à cinq ans et 750 000 € lorsque l’infraction est commise en ligne (C. conso, art. L132-2).
Peut-on faire supprimer un avis ?
Google retire les avis contraires à son règlement : faux avis, conflit d’intérêts, contenu hors sujet, injurieux, ou qui publie des informations personnelles sans autorisation. Signalez-les depuis votre fiche, en expliquant précisément la règle enfreinte. Le Code de la consommation impose d’ailleurs aux sites d’avis une fonction gratuite qui permet au professionnel visé de signaler un doute sur l’authenticité d’un avis, à condition que ce signalement soit motivé (art. L111-7-2 (nouvel onglet)).
Un avis négatif fondé sur une expérience réelle reste en ligne, même s’il vous paraît injuste. La meilleure réponse est alors une réponse sobre, et le temps : les avis suivants le relativisent. Si un avis vous paraît diffamatoire, consultez un avocat avant toute réponse publique.
Ne demandez jamais à un patient de retirer son avis en échange d’un geste : ce serait une contrepartie, interdite par les règles de Google.
Afficher des avis sur son propre site : quelles obligations ?
Dès que vous collectez ou diffusez des avis de consommateurs, même à titre accessoire, vous devez informer loyalement sur la façon dont ils sont publiés et traités : préciser s’ils font l’objet d’un contrôle, afficher la date de chaque avis et expliquer à l’auteur d’un avis rejeté pourquoi il n’a pas été publié (C. conso, art. L111-7-2 (nouvel onglet)).
L’article D111-10 (nouvel onglet), en vigueur depuis le 9 juillet 2024, précise l’affichage : près des avis, l’existence ou non d’une procédure de contrôle, la date de publication et celle de l’expérience, les critères de classement ; dans une rubrique facile d’accès, l’existence d’une contrepartie éventuelle et le délai maximal de publication et de conservation.
Le plus simple, pour un cabinet, est souvent de renvoyer vers la fiche Google plutôt que de recopier des avis. Et, quoi qu’il en soit, aucun avis ne doit servir de promesse de résultat : le guide sur le site internet du cabinet détaille ce qu’on peut écrire.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Code pénal, article 226-13 (secret professionnel)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Code de la consommation, article L121-4, 27° et 28° (avis de consommateurs et pratiques trompeuses)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Code de la consommation, article L132-2 (sanctions des pratiques commerciales trompeuses)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Code de la consommation, article L111-7-2 (information sur le traitement des avis en ligne)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Code de la consommation, article D111-10 (affichage des informations sur les avis)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, article 14 (diplôme sur la plaque et tout document)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Contenus interdits et soumis à des restrictions (règlement des contenus ajoutés par les utilisateurs dans Maps)Google · support.google.com · consulté le 19 octobre 2026
- [8]Consignes relatives à la représentation de votre établissement sur GoogleGoogle · support.google.com · consulté le 19 octobre 2026
- [9]Conseils pour améliorer votre classement local sur GoogleGoogle · support.google.com · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Peut-on empêcher les patients de laisser un avis ?
Non. Les règles de Google interdisent de déconseiller ou d’interdire les avis négatifs. Vous pouvez répondre, et signaler les avis qui enfreignent le règlement.
Faut-il répondre à tous les avis ?
Ce n’est pas obligatoire. Une réponse sobre aux avis négatifs montre aux lecteurs que vous êtes à l’écoute ; un merci général suffit pour les avis positifs.
Puis-je remercier un patient en citant son prénom ?
Évitez-le : même un prénom confirme publiquement qu’une personne vous a consulté. Un merci général suffit.
Un confrère peut-il laisser un avis sur mon cabinet ?
Seulement s’il a été patient, et sans conflit d’intérêts : Google exclut les contenus fondés sur une relation de travail, contractuelle ou de conseil.
Que risque-t-on avec de faux avis ?
Le délit de pratique commerciale trompeuse : jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, cinq ans et 750 000 € en ligne (C. conso, art. L132-2), en plus de la suppression des avis par Google.