L’EVA (échelle visuelle analogique) est une échelle d’auto-évaluation de l’intensité de la douleur : le patient place un curseur sur une ligne de 10 cm allant de l’absence de douleur à la douleur maximale imaginable, et le praticien lit un score de 0 à 10 (ou de 0 à 100 en millimètres).
EVA, EN, EVS : quelles différences ?
La Haute Autorité de santé (HAS) décrit trois échelles d’auto-évaluation de l’adulte dans sa liste des échelles de la douleur (nouvel onglet) (avril 2025) :
- EVA : le patient positionne un curseur sur une ligne ; le score va de 0 à 10 (en centimètres) ou de 0 à 100 (en millimètres).
- EN (échelle numérique) : le patient donne directement un chiffre, de 0 à 10.
- EVS (échelle verbale simple) : cinq niveaux, de 0 (douleur absente) à 4 (douleur extrêmement intense).
Le même document fait correspondre les scores sur 10 à des niveaux : 1 à 3, douleur faible ; 4 et 5, modérée ; 6 et 7, forte ; 8 à 10, insupportable. Dans les indicateurs de qualité des établissements de santé, une EVA à 4/10 ou plus appelle une prise en charge de la douleur. C’est un document d’indicateurs hospitaliers, pas une recommandation pour l’exercice libéral ; il aide à lire un score.
Comment la noter en séance ?
- Avant et après la séance, avec la même échelle à chaque fois.
- En précisant le contexte : au repos, au mouvement, au réveil.
- En distinguant « non évalué » de zéro : une case vide ne veut pas dire absence de douleur.
- Avec la localisation : le schéma corporel dit où, l’EVA dit combien.
Les pièges à éviter
L’EVA est une auto-évaluation : c’est le patient qui situe sa douleur, pas le praticien qui l’estime à sa place. Le score décrit une intensité, pas une cause. Il se compare d’une séance à l’autre pour un même patient, pas entre patients. Un score qui baisse est une information à consigner dans le dossier, pas une preuve d’efficacité.
Dans Ostheo, la consultation comporte deux curseurs de 0 à 10, avant et après la séance, et « non évalué » reste distinct de zéro. L’évolution de la douleur se lit ensuite dans le dossier patient. Le guide Échelle EVA de la douleur détaille la façon de la documenter, en lien avec l’anamnèse.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur, campagne IQSS 2025 (version d’avril 2025)Haute Autorité de santé · has-sante.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
EVA et échelle numérique, est-ce la même chose ?
Non. Avec l’EVA, le patient place un curseur sur une ligne ; avec l’échelle numérique, il donne directement un chiffre de 0 à 10. Les deux donnent un score sur 10 : gardez la même d’une séance à l’autre.
À partir de quel score la douleur est-elle importante ?
Dans ses indicateurs de qualité hospitaliers, la HAS considère qu’un score de 4/10 ou plus justifie une prise en charge de la douleur. Ce seuil n’est pas une règle de l’exercice libéral ; il aide à lire un score.
Peut-on utiliser l’EVA chez l’enfant ?
La HAS la cite parmi les échelles d’auto-évaluation de l’enfant, à côté de l’échelle des visages (FPS-R). Le choix de l’échelle dépend de l’âge et de la capacité de l’enfant à s’auto-évaluer.