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Réglementation et exercice

Hébergement de données de santé (HDS) : ce qu’il faut vérifier

Quand un prestataire doit être certifié hébergeur de données de santé, ce que couvre réellement la certification, ce qui change depuis le décret du 24 mars 2026, et les questions à poser à un éditeur de logiciel avant de lui confier vos dossiers.

Quand l’hébergement certifié HDS est-il obligatoire ?

Le Code de la santé publique (art. L1111-8) (nouvel onglet) vise toute personne qui héberge des données de santé recueillies à l’occasion d’activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi, pour le compte de celui qui les a recueillies ou du patient lui-même. Sur support numérique, cet hébergeur doit être titulaire d’un certificat de conformité, délivré par un organisme de certification accrédité.

Trois conséquences pratiques :

  • Le critère, c’est le « pour le compte de ». Si un prestataire stocke vos dossiers sur ses serveurs, il héberge pour vous. Un logiciel en ligne, une sauvegarde en ligne ou un espace de stockage partagé sont concernés.
  • Une prise en charge de courte durée n’est pas un hébergement. Le texte exclut le simple traitement de saisie, de mise en forme ou de dématérialisation des données (CSP, art. R1111-8-8 (nouvel onglet)).
  • La vérification vous incombe. Le responsable du traitement qui confie l’hébergement à un tiers « s’assure » que ce tiers est titulaire du certificat (même article).

Le texte ajoute que l’hébergement se fait après que le patient en a été dûment informé, sauf opposition pour un motif légitime. Mentionnez donc votre hébergeur dans l’information remise aux patients (voir notre guide sur le RGPD au cabinet).

Les dossiers d’un ostéopathe sont-ils concernés ?

L’article L1111-8 ne dresse pas de liste de professions : il vise les données recueillies à l’occasion d’activités de soins. Nous n’avons trouvé aucun texte qui exclut les ostéopathes. Le code des impôts parle d’ailleurs des « soins » dispensés par les ostéopathes (CGI, art. 261-4-1° (nouvel onglet)), et le référentiel de la CNIL des cabinets médicaux et paramédicaux (nouvel onglet) demande un hébergeur certifié dès que le logiciel des dossiers est hébergé par un prestataire. La lecture prudente est donc simple : si vos dossiers sont hébergés par un prestataire, exigez un hébergeur certifié.

Votre situation exige-t-elle un hébergeur certifié ?

Cas courants dans un cabinet d’ostéopathie (lecture des articles L1111-8 et R1111-8-8 du CSP, état au 19 octobre 2026)
CritèreCertificat requis ?Pourquoi
Logiciel en ligne (accessible par navigateur)OuiL’éditeur ou son hébergeur stocke vos dossiers pour vous
Logiciel installé, sauvegarde en ligneOui, pour le service de sauvegardeLa sauvegarde des données de santé est une activité d’hébergement (activité 6)
Logiciel installé, aucune copie externeNonVous conservez vos propres données : pas d’hébergement pour autrui. Le RGPD et la sécurité s’appliquent
Prise de rendez-vous en ligneOui, si elle stocke des données de santéLe référentiel CNIL cite les plateformes de rendez-vous parmi les prestataires soumis à cette exigence
Stockage en ligne grand public pour vos comptes rendusOuiLe fournisseur héberge des données de santé ; un service sans certificat ne convient pas
Archives papier confiées à un prestataireAgrément, pas certificatConservation sur papier : agrément du ministre chargé de la culture (L1111-8, III)

Cas courants dans un cabinet d’ostéopathie (lecture des articles L1111-8 et R1111-8-8 du CSP, état au 19 octobre 2026) · Dans tous les cas, le prestataire qui traite des données pour vous signe aussi un contrat de sous-traitance (RGPD, art. 28).

Que couvre la certification HDS ?

La certification ne porte pas sur un logiciel en tant que tel : elle porte sur un hébergeur et sur les activités qu’il exerce. Le Code de la santé publique (art. R1111-9) (nouvel onglet) en distingue six :

  1. la mise à disposition et le maintien en condition opérationnelle des sites physiques (le centre de données) ;
  2. la mise à disposition et le maintien en condition opérationnelle de l’infrastructure matérielle ;
  3. la mise à disposition et le maintien en condition opérationnelle de l’infrastructure virtuelle ;
  4. la mise à disposition et le maintien en condition opérationnelle de la plateforme d’hébergement d’applications ;
  5. l’administration et l’exploitation du système d’information contenant les données de santé ;
  6. la sauvegarde des données de santé, archivage électronique compris.

Un éditeur peut être certifié pour certaines activités (par exemple la 5) et s’appuyer, pour les autres, sur un hébergeur d’infrastructure certifié : les textes prévoient ce montage (R1111-11, II). Ce qui compte : que chaque activité soit couverte par un certificat valide, et que l’éditeur vous dise lequel.

Le certificat est délivré par un organisme accrédité par le Comité français d’accréditation (ou un équivalent européen), selon un référentiel approuvé par arrêté (CSP, art. R1111-10). Sa version 2, publiée au Journal officiel le 16 mai 2024, impose l’hébergement dans l’Espace économique européen ; les hébergeurs déjà certifiés avaient jusqu’au 16 mai 2026 pour s’y conformer (Agence du numérique en santé (nouvel onglet)).

Qu’est-ce qui change avec le décret du 24 mars 2026 ?

Le décret n° 2026-209 (nouvel onglet), publié le 26 mars 2026, renforce trois points, en vigueur depuis le 26 septembre 2026 :

  • Stockage dans l’Union européenne ou l’EEE uniquement (nouvel article R1111-9-1).
  • Accès depuis un pays tiers = transfert. Un transfert, y compris un simple accès à distance (par exemple une équipe de support hors d’Europe), n’est possible qu’avec une décision d’adéquation de la Commission européenne ou les garanties de l’article 46 du RGPD ; à défaut de décision d’adéquation, le contrat d’hébergement le dit.
  • Transparence. Le contrat liste les lois extra-européennes qui pourraient imposer un accès aux données (ou indique qu’il n’y en a pas), et l’hébergeur publie une cartographie à jour des transferts et des risques d’accès non autorisé.

Que doit contenir le contrat d’hébergement ?

L’article R1111-11 du CSP fixe une liste de clauses obligatoires. Parmi elles : le périmètre du certificat et ses dates de délivrance et de renouvellement, la localisation de l’hébergement, les niveaux de service, les prestataires techniques externes, la réversibilité, la restitution des données en fin de contrat puis leur destruction sans copie, et l’interdiction d’utiliser les données à d’autres fins.

Point clé pour un logiciel en ligne : quand l’éditeur passe lui-même par un hébergeur certifié, votre contrat avec l’éditeur reprend ces clauses telles qu’elles figurent dans son contrat avec l’hébergeur (R1111-11, II). Si vos conditions générales n’en disent rien, demandez-les.

Et si vous gardez vos dossiers au cabinet ?

Des dossiers conservés seulement sur l’ordinateur du cabinet ne sont pas hébergés « pour le compte » d’un tiers : la certification ne s’applique pas. Vous restez en revanche soumis au RGPD et à son obligation de sécurité. Dès que vous ajoutez une sauvegarde en ligne, un accès à distance par un prestataire ou une synchronisation vers un service en nuage, la question de l’hébergeur certifié revient. Pensez aussi à la durée de conservation des dossiers : un poste unique sans sauvegarde résiste mal à vingt ans.

Les questions à poser à un éditeur de logiciel

Avant de signer, et à chaque renouvellement. Une réponse floue est déjà une réponse.

  • Qui héberge les données, et sous quel nom figure-t-il dans la liste de l’Agence du numérique en santé ?

  • Pouvez-vous me transmettre le certificat HDS ?

    Organisme certificateur, date de délivrance, date de fin de validité.

  • Quelles activités (1 à 6) le certificat couvre-t-il, et qui assure les autres ?

  • Où les données et les sauvegardes sont-elles stockées ?

    Union européenne ou EEE exigés depuis le 26 septembre 2026.

  • Une personne peut-elle accéder aux données depuis un pays tiers ?

    Support, maintenance, sous-traitants : le contrat doit le dire.

  • Quels sous-traitants ultérieurs traitent les données ?

  • Le contrat reprend-il les clauses de l’article R1111-11 et de l’article 28 du RGPD ?

  • Comment récupérer toutes mes données, dans quel format, et dans quel délai après la fin du contrat ?

Sources

Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.

  1. [1]Code de la santé publique, article L1111-8 (hébergement de données de santé)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  2. [2]Code de la santé publique, article R1111-8-8 (définition de l’hébergement, vérification du certificat)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  3. [3]Code de la santé publique, articles R1111-9 à R1111-11 (activités, certification, contrat d’hébergement)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  4. [4]Décret n° 2026-209 du 24 mars 2026 relatif à l’hébergement de données de santé à caractère personnelLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  5. [5]Code de la santé publique, article L1115-1 (sanction de l’hébergement sans certificat)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  6. [6]Publication au Journal officiel du référentiel de certification HDS (version 2)Agence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  7. [7]Liste des hébergeurs certifiés HDSAgence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  8. [8]Code général des impôts, article 261-4-1° (soins dispensés par les ostéopathes)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  9. [9]Référentiel CNIL des cabinets médicaux et paramédicaux (PDF)CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
  10. [10]Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 28 (sous-traitant)EUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026

Questions fréquentes

Un logiciel peut-il être « certifié HDS » ?

La certification vise un hébergeur et les activités qu’il exerce, pas un logiciel. Demandez donc quel hébergeur stocke les données, et pour quelles activités il est certifié.

Où vérifier qu’un hébergeur est certifié ?

L’Agence du numérique en santé publie la liste des hébergeurs certifiés sur esante.gouv.fr, avec les activités couvertes. Comparez-la au certificat que vous transmet l’éditeur.

Puis-je utiliser un service de stockage grand public pour mes dossiers ?

Seulement si ce service est certifié pour l’hébergement de données de santé et encadré par un contrat conforme. Vérifiez le certificat et le contrat avant d’y déposer un document ; à défaut, n’y mettez aucune donnée de patient.

Mon éditeur est certifié pour l’activité 5 seulement : est-ce suffisant ?

Oui si les autres activités (centre de données, infrastructure, sauvegarde) sont assurées par un hébergeur lui-même certifié pour elles. Demandez le nom de cet hébergeur et la répartition des activités.

Le certificat HDS suffit-il pour être en règle avec le RGPD ?

Non. Il couvre l’hébergement. Vous devez aussi informer les patients, tenir un registre, signer un contrat de sous-traitance et fixer vos durées de conservation.

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