Un patient peut-il obtenir son dossier d’ostéopathie ?
Oui. Le droit d’accès du RGPD permet à toute personne d’obtenir la confirmation que vous traitez des données la concernant, une copie de ces données et des informations sur leur traitement (RGPD, art. 15 (nouvel onglet)). Le référentiel de la CNIL des cabinets médicaux et paramédicaux (nouvel onglet) le rappelle : le patient a un droit d’accès à son dossier et à toutes les données le concernant.
La copie porte sur tout ce que vous détenez sur lui : identité, anamnèse, notes de séance, schémas, courriers, documents qu’il vous a remis ou que vous avez reçus, notes d’honoraires. Une seule limite tient au contenu : la copie ne doit pas porter atteinte aux droits d’autrui (art. 15, paragraphe 4). Une information confiée par un tiers sur un proche du patient, par exemple, se relit avant envoi.
Le patient n’a pas à justifier sa demande. Elle peut arriver par courrier, par courriel ou de vive voix ; dans tous les cas, notez la date de réception : c’est elle qui fait courir le délai.
Ostéopathe exclusif ou kiné-ostéopathe : quelles règles ?
Les délais de 8 jours et de 2 mois que l’on lit partout viennent de l’article L1111-7 du Code de la santé publique. Cet article vise les informations détenues par les professionnels de santé et les établissements de santé. Un ostéopathe qui est aussi masseur-kinésithérapeute y est soumis. Pour l’ostéopathe exclusif, qui n’est pas professionnel de santé au sens de ce code, le cadre sûr est celui du RGPD.
Les règles d’accès selon votre statut
| Critère | Ostéopathe exclusif | Kiné-ostéopathe |
|---|---|---|
| Texte applicable | RGPD, art. 12 et 15 | CSP, art. L1111-7, et RGPD |
| Délai de réponse | 1 mois au plus après réception | 8 jours au plus |
| Délai minimal | Aucun | 48 heures de réflexion |
| Informations anciennes ou demande complexe | Prolongation de 2 mois, annoncée dans le premier mois | 2 mois si les informations ont plus de 5 ans |
| Coût | Première copie gratuite ; frais raisonnables pour les copies supplémentaires | Consultation sur place gratuite ; première copie gratuite par prudence (RGPD) |
| Patient mineur | Demande des titulaires de l’autorité parentale, représentants légaux | Titulaires de l’autorité parentale, sous réserve de l’opposition du mineur |
| Patient décédé | Droits limités des héritiers (loi Informatique et Libertés, art. 85) | Ayants droit, concubin, partenaire de PACS, pour des motifs précis |
Demande d’accès au dossier par le patient (état au 19 octobre 2026) · Rien n’interdit à l’ostéopathe exclusif de répondre aussi vite qu’un professionnel de santé : c’est même une bonne pratique.
Quel délai pour communiquer le dossier ?
L’article 12 du RGPD (nouvel onglet) fixe la règle : vous répondez dans les meilleurs délais, et au plus tard un mois après la réception. Ce délai peut être prolongé de deux mois compte tenu de la complexité ou du nombre de demandes, à condition d’en informer le patient, avec les motifs, avant la fin du premier mois. Pour un dossier de cabinet, la prolongation reste l’exception.
Pour le kiné-ostéopathe, l’article L1111-7 du CSP impose une communication au plus tard 8 jours après la demande, et au plus tôt après un délai de réflexion de 48 heures ; le délai passe à 2 mois lorsque les informations datent de plus de 5 ans. La CNIL reprend ces délais pour les données de santé (CNIL (nouvel onglet)).
Faut-il vérifier l’identité du demandeur ?
Oui, mais de façon proportionnée. La CNIL pose le principe : pas de pièce d’identité, sauf en cas de doute raisonnable sur l’identité du demandeur (RGPD, art. 12, paragraphe 6). Un patient que vous connaissez et qui écrit depuis l’adresse enregistrée dans son dossier n’a pas à fournir de copie de carte d’identité. Une demande venant d’une adresse inconnue, ou d’un tiers qui se dit mandaté, justifie une vérification : un justificatif, un mandat signé, ou un appel au numéro du dossier.
Sous quelle forme transmettre la copie ?
Quand la demande arrive par voie électronique, la copie est fournie sous une forme électronique d’usage courant (par exemple un PDF), sauf si le patient demande autre chose (art. 15, paragraphe 3). L’envoi doit être sécurisé : pièce jointe chiffrée avec un code transmis par un autre canal, clé USB chiffrée, ou courrier recommandé avec accusé de réception. Vous pouvez aussi proposer une consultation au cabinet, avec remise de la copie sur place.
Le RGPD demande une communication compréhensible (art. 12) : si vos abréviations rendent le dossier illisible pour le patient, joignez-en la signification, sans rien modifier sur le fond.
Mineurs, majeurs protégés, ayants droit : qui peut demander ?
- Patient mineur. La demande est faite par les parents, titulaires de l’autorité parentale. Pour le kiné-ostéopathe, l’article L1111-7 le prévoit expressément, sous réserve des cas où le mineur s’est opposé à leur information. Un adolescent qui demande seul son dossier : la prudence est d’associer ses parents, sauf situation particulière que vous documentez.
- Majeur protégé. La personne protégée prend seule les décisions relatives à sa personne dans la mesure où son état le permet (Code civil, art. 459 (nouvel onglet)) ; un tuteur n’agit à sa place que s’il en a le pouvoir. Service-public.fr indique qu’un curateur n’accède pas au dossier sans mandat de la personne.
- Patient décédé. Pour le kiné-ostéopathe, les ayants droit, le concubin ou le partenaire de PACS peuvent accéder au dossier pour connaître les causes du décès, défendre la mémoire du défunt ou faire valoir leurs droits, sauf opposition du patient de son vivant (service-public.fr (nouvel onglet)). Pour l’ostéopathe exclusif, nous n’avons trouvé aucun texte équivalent : la loi Informatique et Libertés (art. 85) (nouvel onglet) ne donne aux héritiers que des droits limités, notamment pour régler la succession. Le secret professionnel demeurant, demandez conseil avant de transmettre.
Pouvez-vous refuser ou facturer ?
La règle est la gratuité (art. 12, paragraphe 5). Vous pouvez demander des frais raisonnables, fondés sur vos coûts administratifs, pour une copie supplémentaire (art. 15, paragraphe 3). Face à une demande manifestement infondée ou excessive, notamment répétitive, vous pouvez facturer ou refuser, mais c’est à vous de le démontrer. Tout refus est motivé par écrit, dans le mois, avec la mention du droit de saisir la CNIL et d’exercer un recours.
Vos durées de conservation jouent aussi : un dossier détruit à l’échéance ne peut plus être communiqué. Dites-le simplement dans votre réponse (voir notre guide sur la durée de conservation des dossiers).
Répondre à une demande d’accès, étape par étape
Comptez une demi-heure pour un dossier courant.
Notez la date de réception
Elle fait courir le délai : un mois (RGPD), ou 8 jours si vous êtes aussi kinésithérapeute. Inscrivez l’échéance dans votre agenda.
Vérifiez l’identité, si besoin
Seulement en cas de doute raisonnable : adresse inconnue, tiers mandaté, demande pour un mineur ou un majeur protégé.
Rassemblez toutes les données
Dossier, documents, courriers, notes d’honoraires, données de rendez-vous, archives comprises. Relisez pour protéger les droits d’éventuels tiers.
Préparez la copie
Format électronique courant si la demande est électronique ; papier sinon, ou au choix du patient.
Envoyez de façon sécurisée
Pièce jointe chiffrée avec code séparé, ou courrier recommandé avec accusé de réception, ou remise en main propre.
Gardez une trace
Conservez la demande, la date et le contenu de la réponse : c’est votre preuve en cas de réclamation auprès de la CNIL.
Ce que votre réponse doit contenir
En plus de la copie, le RGPD (art. 15) demande quelques informations. Un courrier type d’une page suffit.
La confirmation que vous traitez des données le concernant
La copie de ces données
Lisible, complète, dans le format demandé.
Les finalités du traitement
Suivi des soins, gestion des rendez-vous, facturation.
Les catégories de données concernées
Les destinataires
Par exemple votre éditeur de logiciel et votre hébergeur, un médecin à qui vous avez écrit avec son accord.
La durée de conservation, ou les critères qui la fixent
Ses droits
Rectification, effacement, limitation, opposition.
Le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL
La source des données qu’il ne vous a pas fournies lui-même
Par exemple le compte rendu d’un confrère.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), texte officielEUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
- [2]RGPD, chapitre III (articles 12 à 23 : transparence, droit d’accès)CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Professionnels : comment répondre à une demande de droit d’accès ?CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Code de la santé publique, article L1111-7 (accès aux informations de santé)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Dossier médical (fiche F12210)Service-public.fr · service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, article 85 (données des personnes décédées)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Code civil, articles 457-1 à 463 (décisions personnelles du majeur protégé)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [8]Référentiel CNIL des cabinets médicaux et paramédicaux (PDF), partie 9CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Puis-je remettre l’original du dossier au patient ?
Remettez une copie et gardez l’original : vous en avez besoin pour la suite des soins et vous restez tenu de le conserver.
Le patient peut-il demander à corriger son dossier ?
Il peut faire rectifier des données inexactes, comme une date de naissance ou une adresse (RGPD, art. 16). Vos observations cliniques ne sont pas réécrites, mais vous pouvez y ajouter sa remarque datée.
Une mutuelle ou un avocat peut-il demander le dossier à la place du patient ?
Seulement avec un mandat écrit et précis du patient. Au moindre doute, adressez la copie au patient lui-même, qui la transmettra.
Que risque-t-on à ne pas répondre ?
Le patient peut saisir la CNIL, qui peut vous demander de répondre et, au besoin, prononcer une sanction. Une réponse motivée dans le délai, même partielle, vous protège.