Quels critères pour choisir un logiciel d’ostéopathie ?
Les 12 critères ci-dessous sont classés par ordre d’importance. Les trois premiers touchent aux données de santé de vos patients : un logiciel qui n’y répond pas clairement s’écarte, quelles que soient ses autres qualités. La dernière colonne indique s’il s’agit d’une obligation légale, d’une bonne pratique ou d’un choix selon votre cabinet. Pour voir ce que chaque éditeur publie sur plusieurs de ces critères, consultez notre comparatif daté et sourcé, publié par l’éditeur d’Ostheo, qui le déclare en tête.
La grille : 12 critères et les questions à poser
| Critère | Ce qu’il faut vérifier | Question à poser à l’éditeur | Nature |
|---|---|---|---|
| 1. Hébergement des données de santé | Hébergeur certifié pour les activités concernées, stockage dans l’Union européenne ou l’EEE | « Qui héberge les données, pour quelles activités son certificat est-il délivré, et où sont-elles stockées ? » | Obligation légale (CSP, art. L1111-8) |
| 2. Contrat de sous-traitance | Accord de traitement des données reprenant l’article 28 du RGPD, liste des sous-traitants | « Puis-je lire votre accord de traitement des données et la liste de vos sous-traitants ? » | Obligation légale (RGPD, art. 28) |
| 3. Accès et traçabilité | Rôles, dossiers à accès restreint, journal des accès, chiffrement, double authentification | « Qui peut ouvrir un dossier, et comment savoir qui l’a ouvert ? » | Bonne pratique (sécurité, RGPD art. 32) |
| 4. Notes d’honoraires | Numérotation continue, mentions configurables, note émise figée, avoirs | « Comment corrige-t-on une note déjà remise au patient ? » | Obligation (note dès 25 € TTC) et bonne pratique |
| 5. Règlements et comptabilité | Modes de règlement, règlements partiels, impayés, export pour l’expert-comptable | « Quel fichier mon expert-comptable recevra-t-il ? » | Bonne pratique |
| 6. Dossier et clinique | Anamnèse par profil, antécédents, schéma corporel, EVA, compte rendu, documents | « Puis-je faire une séance complète sur un patient fictif pendant l’essai ? » | Selon votre pratique |
| 7. Agenda | Vues jour et semaine, motifs, statuts, absences, réservation en ligne si besoin | « La prise de rendez-vous en ligne est-elle incluse, en option ou absente ? » | Selon vos besoins |
| 8. Travail à plusieurs | Praticiens, remplaçants, secrétariat, plusieurs lieux, séries de notes par lieu | « Comment retirer l’accès d’un remplaçant le dernier jour de sa mission ? » | Selon votre cabinet |
| 9. Reprise de vos données | Import de vos patients, détection des doublons, aperçu avant validation | « Quels formats importez-vous, et qu’est-ce qui sera repris de mon outil actuel ? » | Bonne pratique |
| 10. Export et réversibilité | Export complet en formats ouverts, documents compris, sans frais, délai après résiliation | « Que puis-je exporter, dans quel format, et pendant combien de temps après la fin du contrat ? » | Obligation (RGPD, art. 28) et Data Act |
| 11. Assistant IA | Contenus signalés, validation obligatoire, aucune aide au diagnostic, pas d’entraînement sur vos dossiers | « Le contenu généré est-il signalé et soumis à ma validation ? Mes dossiers servent-ils à entraîner un modèle ? » | Obligation (AI Act, art. 50) et bonne pratique |
| 12. Prix, engagement et support | Prix total par praticien, options, durée d’engagement, hausses de prix, essai, canaux de support | « Quel est le prix total pour mon cabinet, et comment joindre le support en cas de problème ? » | Selon l’offre |
Critères de choix d’un logiciel d’ostéopathie, question à poser à l’éditeur et nature du critère (état au 19 octobre 2026) · Une réponse orale ne suffit pas pour les critères 1, 2 et 10 : demandez les documents (certificat, accord de traitement, conditions de réversibilité).
Le logiciel doit-il être hébergé chez un hébergeur certifié HDS ?
Oui, dès qu’il conserve les données de vos patients en ligne. Héberger des données de santé pour le compte d’un tiers impose un hébergeur certifié (Code de la santé publique, art. L1111-8 (nouvel onglet)). Le référentiel de certification HDS v2, publié le 16 mai 2024, impose l’hébergement physique dans l’EEE, avec une mise en conformité des hébergeurs certifiés au plus tard le 16 mai 2026 (Agence du numérique en santé (nouvel onglet)). Le décret n° 2026-209 du 24 mars 2026 (nouvel onglet) va plus loin : stockage exclusivement dans l’Union européenne ou l’EEE, accès à distance depuis un pays tiers assimilé à un transfert, et information des clients sur les risques liés aux pays tiers.
Ne vous contentez pas d’une mention « hébergé en France » ou « compatible HDS ». Demandez le nom de l’hébergeur, les activités couvertes par son certificat, et vérifiez-le sur la liste des hébergeurs certifiés (nouvel onglet) publiée par l’Agence du numérique en santé. Un logiciel installé sur votre seul ordinateur relève d’une autre logique, puisque vous conservez vous-même les données ; ses sauvegardes en ligne, elles, passent par un hébergeur.
Que doit prévoir le contrat sur les données de vos patients ?
Vous êtes responsable du traitement des données de vos patients ; l’éditeur qui les traite pour vous est votre sous-traitant. L’article 28 du RGPD (nouvel onglet) impose un contrat écrit qui prévoit notamment que l’éditeur :
- ne traite les données que sur vos instructions documentées ;
- garantit la confidentialité des personnes qui y ont accès ;
- met en œuvre des mesures de sécurité adaptées (art. 32) ;
- ne recourt à un autre sous-traitant qu’avec votre autorisation ;
- vous aide à répondre aux demandes de vos patients (accès, rectification) ;
- supprime ou vous restitue toutes les données à la fin du contrat, à votre choix ;
- met à votre disposition les informations prouvant le respect de ces obligations, audits compris.
Lisez ce contrat avant de signer et gardez-le. Voir aussi sous-traitant au sens du RGPD.
Comment vérifier qui accède aux dossiers ?
Le secret professionnel (Code pénal, art. 226-13 (nouvel onglet)) ne se protège pas seulement par un mot de passe. Dès que vous travaillez à plusieurs, vérifiez que le logiciel distingue les rôles (un secrétariat n’a pas besoin du contenu clinique), qu’un dossier sensible peut être réservé à certaines personnes, et qu’un journal indique qui a ouvert quel dossier et quand. Demandez aussi si les données sont chiffrées, sauvegardes comprises, et si la double authentification est proposée.
La facturation est-elle conforme ?
Le logiciel doit produire des notes d’honoraires remises avant le paiement pour toute séance d’au moins 25 € TTC (arrêté n° 83-50/A (nouvel onglet)), avec vos mentions : diplôme, mention « EI », RPPS, mention d’exonération de TVA. Trois tests suffisent pendant l’essai : la numérotation est-elle continue, sans trou ni doublon ? Une note émise est-elle figée ? Une erreur se corrige-t-elle par un avoir lié à la note d’origine ? Le détail est dans notre guide sur la note d’honoraires.
Deux idées reçues à corriger :
- Le logiciel de caisse certifié. L’obligation d’utiliser un logiciel de caisse sécurisé ne vise pas les assujettis qui réalisent exclusivement des opérations exonérées de TVA, ni ceux placés sous la franchise en base (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 25 (nouvel onglet)). Elle peut vous concerner si vous avez une activité annexe taxée au-delà de la franchise : la fonction d’encaissement d’un logiciel de facturation est alors visée (§ 40).
- La facture électronique. Vos soins exonérés sont hors du champ de la facture électronique et de l’e-reporting (impots.gouv.fr (nouvel onglet)). Vous devez en revanche pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs, via une plateforme agréée, ce qui ne dépend pas forcément de votre logiciel de cabinet.
Comment juger la partie clinique et l’agenda ?
Sur une vraie séance, pas sur une démonstration. Créez un patient fictif et allez jusqu’au bout : anamnèse adaptée au profil (adulte, nourrisson, femme enceinte, sportif), antécédents, schéma corporel, EVA avant et après, compte rendu, document joint, note d’honoraires. Chronométrez, puis recommencez sur une tablette si vous en utilisez une. Notre trame d’anamnèse donne la liste de ce qu’un bon dossier doit permettre de noter.
Pour l’agenda, vérifiez la distinction entre le rendez-vous (le créneau) et la consultation (l’acte et son dossier), le suivi des rendez-vous non honorés et, si vous en avez besoin, la prise de rendez-vous en ligne : beaucoup de cabinets gardent un service de réservation séparé, voir prise de rendez-vous en ligne.
Le logiciel convient-il à un cabinet à plusieurs ?
Si vous accueillez un collaborateur, un remplaçant ou un secrétariat, regardez : les rôles disponibles, l’agenda par praticien, le profil de chaque praticien (RPPS, SIRET) et sa propre série de notes, les en-têtes par lieu d’exercice, et le retrait des accès en fin de mission. Voir nos guides sur le contrat de remplacement et la collaboration libérale.
Pourrez-vous changer de logiciel sans perdre vos données ?
Vos dossiers se conservent longtemps : le référentiel de la CNIL pour les cabinets médicaux et paramédicaux retient 20 ans après la dernière prise en charge, un repère utile même si les ostéopathes n’y sont pas cités (CNIL (nouvel onglet)).
Vérifiez donc deux choses :
- L’entrée : quels fichiers le logiciel importe (CSV, Excel), comment il repère les doublons, et si vous pouvez prévisualiser avant de valider.
- La sortie : un export complet (patients, consultations, documents, notes d’honoraires) dans des formats ouverts, sans frais, et pendant combien de temps après la résiliation. Le contrat de sous-traitance doit prévoir la restitution ou la suppression des données à la fin du service (RGPD, art. 28). Depuis le 12 septembre 2025, le règlement européen sur les données (Data Act) impose en outre aux fournisseurs de services de traitement de données, logiciels en ligne compris, de faciliter le changement de fournisseur et l’export des données dans un format couramment utilisé ; les frais de changement doivent disparaître à partir du 12 janvier 2027 (Commission européenne (nouvel onglet)). Voir aussi changer de logiciel.
Que vérifier si le logiciel intègre une IA ?
Un logiciel destiné à fournir des informations utilisées pour des décisions diagnostiques ou thérapeutiques est un dispositif médical, au moins de classe IIa (règlement (UE) 2017/745, annexe VIII, règle 11 (nouvel onglet)) : si un éditeur promet une aide au diagnostic, demandez son marquage CE.
Posez aussi ces questions :
- Les contenus générés sont-ils signalés comme tels ? L’article 50 du règlement sur l’intelligence artificielle (nouvel onglet) impose depuis le 2 août 2026 des obligations de transparence aux systèmes qui interagissent avec des personnes ou génèrent du contenu, avec un délai au 2 décembre 2026 pour le marquage des systèmes déjà sur le marché.
- Rien n’est-il enregistré dans un dossier sans votre validation ?
- Vos dossiers servent-ils à entraîner un modèle ?
- Où le modèle est-il hébergé, et les demandes qui touchent un patient sont-elles tracées ?
Voir aussi notre guide pour choisir un assistant IA.
Comment comparer les prix et le support ?
Comparez des prix complets : prix par praticien, options facturées à part (assistant IA, rappels, plusieurs lieux), engagement, résiliation, hausses de prix, durée de l’essai.
Pour le support, demandez les canaux (courriel, téléphone, messagerie), les horaires et le délai de réponse annoncé, puis testez-le pendant l’essai avec une vraie question. Demandez enfin ce qui est disponible aujourd’hui, en bêta ou seulement prévu : une fonction annoncée n’est pas une fonction livrée.
Pendant l’essai gratuit : ce qu’il faut tester
Une heure suffit pour se faire une idée juste, à condition de tester les bons gestes.
Créer un patient fictif et faire une séance complète
Anamnèse, schéma corporel, EVA, compte rendu, document joint.
Émettre une note d’honoraires, puis la corriger par un avoir
Enregistrer un règlement partiel et retrouver l’impayé
Lancer un export et ouvrir le fichier obtenu
Les données sont-elles lisibles sans le logiciel ?
Ouvrir le logiciel sur votre tablette ou votre téléphone
Poser une vraie question au support et noter le délai de réponse
Lire l’accord de traitement des données et les conditions de résiliation
Vérifier l’hébergeur sur la liste de l’Agence du numérique en santé
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Code de la santé publique, article L1111-8 (hébergement des données de santé)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Publication au Journal officiel du référentiel de certification HDS v2 (16 mai 2024)Agence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Décret n° 2026-209 du 24 mars 2026 (localisation des données de santé hébergées)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Liste des hébergeurs certifiés HDSAgence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 28 et 32EUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Code pénal, article 226-13 (secret professionnel)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les servicesLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [8]BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30-20260325 (logiciels ou systèmes de caisse sécurisés), § 25 et 40BOFiP-Impôts · bofip.impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [9]Je n’émets pas de facture ou je facture sans TVA : suis-je concerné par la facturation électronique ?impots.gouv.fr · impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [10]Data Act explained (règlement (UE) 2023/2854, changement de fournisseur)Commission européenne · digital-strategy.ec.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
- [11]Règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux, annexe VIII, règle 11EUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
- [12]Règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle, article 50EUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
- [13]Référentiel relatif aux traitements de données des cabinets médicaux et paramédicaux (délibération n° 2020-081)CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Un logiciel d’ostéopathie doit-il être hébergé chez un hébergeur certifié HDS ?
Oui, dès qu’il conserve les données de vos patients en ligne pour votre compte (Code de la santé publique, art. L1111-8). Vérifiez le nom de l’hébergeur et son certificat sur la liste publiée par l’Agence du numérique en santé.
Faut-il un logiciel de caisse certifié pour un cabinet d’ostéopathie ?
Non, si vous ne réalisez que des soins exonérés de TVA ou si vous êtes sous la franchise en base (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-10-30, § 25). La question se pose seulement pour une activité annexe taxée au-delà de la franchise.
Puis-je récupérer mes données si je change de logiciel ?
Le contrat de sous-traitance doit prévoir la restitution ou la suppression des données à la fin du service (RGPD, art. 28). Vérifiez avant de signer le format de l’export, ce qu’il contient et le délai après résiliation.
Un logiciel avec IA est-il un dispositif médical ?
Seulement s’il est destiné à fournir des informations utilisées pour des décisions diagnostiques ou thérapeutiques (règlement (UE) 2017/745, règle 11). Un assistant qui met en forme vos notes sous votre contrôle n’a pas cette finalité.
Faut-il choisir un logiciel avec prise de rendez-vous en ligne ?
Cela dépend de votre besoin de visibilité et de votre organisation. Beaucoup de cabinets utilisent un service de réservation séparé et un logiciel de cabinet pour le dossier et la facturation.