La dysfonction somatique est la notion employée dans l’enseignement et la pratique de l’ostéopathie pour décrire une altération de la fonction d’une région du corps, en particulier de sa mobilité, que l’ostéopathe constate par l’anamnèse, la palpation et des tests de mobilité. Elle décrit un constat d’examen ; elle ne nomme pas une maladie.
Où trouve-t-on le terme ?
- Dans les référentiels de formation. La fiche RNCP32221 (nouvel onglet), aujourd’hui inactive, demandait d’identifier « les dysfonctions somatiques des tissus du patient » ; la fiche RNCP41290 (nouvel onglet), enregistrée depuis le 24 septembre 2025, parle de « dysfonctions ostéopathiques du corps humain ».
- Dans une classification internationale. La CIM-10 de l’Organisation mondiale de la santé (nouvel onglet) comporte, dans la catégorie M99 (lésions biomécaniques non classées ailleurs), un code M99.0 intitulé en anglais « segmental and somatic dysfunction ». La présence d’un code dans une classification ne dit rien de l’intérêt d’une prise en charge.
- Pas dans le décret. Le décret n° 2007-435 (nouvel onglet) parle de « troubles fonctionnels » et exclut les pathologies organiques (art. 1) ; il n’emploie pas l’expression « dysfonction somatique ».
Comment l’écrire dans le dossier ?
Le terme résume ; la description informe. Pour qu’un confrère, un remplaçant ou vous-même dans six mois puissiez relire le dossier, notez :
- la région et le côté (côté du patient) ;
- la nature du constat : restriction de mobilité, tension tissulaire, asymétrie ;
- le test utilisé et son résultat ;
- la réévaluation en fin de séance, s’il y en a une.
Le schéma corporel localise ces constats ; le guide Documenter l’examen clinique propose une structure.
Les pièges à éviter
- La présenter comme un diagnostic. Face au patient, une dysfonction notée au dossier n’est ni une maladie ni une cause démontrée de ses symptômes.
- L’écrire telle quelle au médecin. Le vocabulaire ostéopathique n’est pas toujours partagé : décrivez ce qui a été observé.
- La confondre avec l’évaluation préalable. Décider si la prise en charge est opportune relève du diagnostic d’opportunité.
Dans Ostheo, le schéma corporel propose des repères typés, dont « tension » et « restriction », avec un libellé, et la consultation garde les tests et leurs résultats. Ostheo documente ce que vous constatez ; il ne suggère ni technique ni traitement.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Fiche RNCP32221 « Ostéopathe » (CEESO, fiche inactive)France compétences · francecompetences.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Fiche RNCP41290 « Ostéopathe » (CEESO, enregistrée le 24 septembre 2025)France compétences · francecompetences.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Classification internationale des maladies, CIM-10 (version 2019), catégorie M99Organisation mondiale de la santé · icd.who.int · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, article 1Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Une dysfonction somatique est-elle un diagnostic ?
Pas au sens médical. C’est une notion propre au raisonnement ostéopathique, qui décrit ce que l’ostéopathe constate à l’examen ; le diagnostic médical relève du médecin.
Faut-il écrire « dysfonction somatique » dans un courrier au médecin ?
Mieux vaut décrire ce qui a été observé : région, côté, test et résultat. Le vocabulaire ostéopathique n’est pas toujours partagé.