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Ostheo

Réglementation et exercice

Recueillir le consentement éclairé du patient

Sur quels textes repose le consentement en ostéopathie, quelle information donner avant la séance, qui consent pour un mineur ou un majeur protégé, et comment le tracer au dossier sans formulaire inutile.

Le consentement est-il obligatoire en ostéopathie ?

Oui. L’article 16-3 du Code civil (nouvel onglet), qui s’applique à tous, pose que « le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement » à toute atteinte à l’intégrité du corps humain, sauf urgence où la personne n’est pas en état de consentir. La lecture prudente est qu’une séance d’ostéopathie, qui passe par le toucher et la manipulation, entre dans ce cadre.

Le Code de la santé publique (nouvel onglet) va plus loin pour les professionnels de santé : aucun acte ni traitement « ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne », qui peut le retirer à tout moment (art. L1111-4), après une information loyale (art. L1111-2). Ces articles, modifiés en dernier lieu par la loi n° 2026-404 du 26 mai 2026, s’appliquent au kiné-ostéopathe. Pour l’ostéopathe exclusif, leur application est incertaine : servez-vous-en comme d’un repère de bonne pratique.

Un consentement valable est libre (sans pression), éclairé (après une information compréhensible) et révocable : le patient peut refuser une technique ou arrêter la séance, sans avoir à se justifier.

Quelle information donner au patient avant la séance ?

L’article L1111-2 du CSP liste ce qu’un professionnel de santé doit expliquer. Adapté à une séance d’ostéopathie, cela donne :

  • le déroulé de la séance : examen, zones concernées, nécessité éventuelle de retirer certains vêtements ;
  • les techniques envisagées, en termes simples, et ce que le patient peut ressentir ;
  • les risques fréquents ou graves raisonnablement prévisibles que vous connaissez, sans minimiser ni dramatiser ;
  • les autres options possibles, y compris ne rien faire ou consulter un médecin ;
  • son droit de refuser une technique ou d’interrompre la séance à tout moment ;
  • le tarif et l’absence de remboursement par la sécurité sociale, avant la séance. L’arrêté du 30 mai 2018 (nouvel onglet), qui vise aussi les ostéopathes, impose cette information préalable et, dès que les honoraires atteignent 70 €, une information écrite décrivant les actes et leur montant (art. 7). Voir notre guide sur l’affichage des tarifs.

Le CSP prévoit que cette information est délivrée au cours d’un entretien individuel. Une affiche ou un document peuvent la compléter ; ils ne la remplacent pas. À chaque nouvelle séance, il suffit de dire ce qui change : nouvelle zone, nouvelle technique.

Repères pour une séance d’ostéopathie (état au 19 octobre 2026)
CritèreQui donne l’accordÀ noter au dossier
Patient majeurLe patient lui-mêmeInformation donnée, accord, éventuel refus d’une technique
Mineur accompagné d’un parentLe parent présent ; l’enfant est associé selon sa maturitéNom du parent présent, accord, avis exprimé par l’enfant
Parents séparés en désaccord connuLes deux parentsAccord de chacun, ou report de la séance
Mineur accompagné d’un tiers (grand-parent, assistante maternelle)Un parent, qui a autorisé la séanceAutorisation écrite du parent et coordonnées pour le joindre
Adolescent venu seulSes parents, par prudenceAccord d’un parent recueilli avant la séance
Majeur sous mesure de protectionLa personne, si son état le permet ; sinon la personne chargée de sa protection, si elle a le pouvoir de la représenterMesure en cours, qui a consenti, avis de la personne

Repères pour une séance d’ostéopathie (état au 19 octobre 2026) · Aucun texte ne dit si une séance d’ostéopathie est un acte usuel de l’autorité parentale : en cas de doute ou de conflit connu entre les parents, recueillez l’accord des deux.

Consentement d’un mineur : faut-il l’accord des deux parents ?

Les parents exercent en commun l’autorité parentale (Code civil, art. 372 (nouvel onglet)). Pour un acte usuel, l’article 372-2 prévoit qu’à l’égard des tiers de bonne foi, chaque parent « est réputé agir avec l’accord de l’autre ». Service-public.fr décrit l’acte usuel comme un acte quotidien, sans gravité, et range les soins courants parmi ces actes ; un traitement lourd ou une intervention chirurgicale exigent l’accord des deux parents (fiche F3132 (nouvel onglet)).

Où se situe une séance d’ostéopathie ? Aucun texte ne le dit. En pratique :

  • une séance avec un parent présent, sans opposition connue de l’autre, se fait avec l’accord du parent présent ;
  • si vous savez que les parents sont en désaccord, ou si la séance sort de l’ordinaire, recueillez l’accord des deux ;
  • un tiers qui accompagne l’enfant (grand-parent, assistante maternelle) n’exerce pas l’autorité parentale : demandez une autorisation écrite d’un parent.

L’enfant n’est pas un spectateur. Les parents doivent l’associer aux décisions qui le concernent, « selon son âge et son degré de maturité » (Code civil, art. 371-1 (nouvel onglet)). Expliquez-lui ce que vous allez faire, avec ses mots, et tenez compte d’un refus net. Pour un adolescent qui vient seul, nous n’avons trouvé aucun texte qui l’autorise à consentir seul à une séance d’ostéopathie : recueillez l’accord d’un parent.

Et pour un majeur protégé ?

La personne protégée prend seule les décisions relatives à sa personne dans la mesure où son état le permet (Code civil, art. 459 (nouvel onglet)), après avoir reçu une information adaptée. Le tuteur ne consent à sa place que s’il a reçu un pouvoir de représentation pour les décisions personnelles (service-public.fr (nouvel onglet)). Demandez quelle mesure est en place et notez-la au dossier.

Faut-il un consentement écrit ?

Non, aucun texte trouvé ne l’impose, ni au kiné-ostéopathe ni à l’ostéopathe exclusif. Pour les professionnels de santé, le CSP prévoit même que la preuve de l’information peut être apportée par tout moyen. Un formulaire standard signé à l’accueil prouve que le patient a signé ; il ne suffit pas à prouver qu’il a compris.

La bonne pratique est plus simple : une note datée au dossier, dans la consultation, qui dit ce que vous avez expliqué et ce que le patient (ou le parent) a accepté ou refusé. Réservez l’écrit signé aux cas où il apporte quelque chose : autorisation d’un parent absent, accord pour une photo.

Le certificat médical remplace-t-il le consentement ?

Non. Le décret n° 2007-435 (art. 3) (nouvel onglet) exige un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication avant les manipulations du crâne, de la face et du rachis d’un nourrisson de moins de 6 mois, et avant toute manipulation du rachis cervical. Cet avis est une condition supplémentaire ; il ne dispense pas d’informer et de recueillir l’accord du patient ou des parents (voir notre guide sur le certificat médical).

Dictée, assistant d’IA, photos : faut-il un consentement à part ?

Pour vos outils, la question relève du RGPD, pas du consentement aux soins. Le dossier ne repose pas sur le consentement, mais vous devez informer vos patients des outils et prestataires qui traitent leurs données (RGPD, art. 13) : mentionnez la dictée vocale ou l’assistant d’IA dans votre notice d’information (voir Ostheo et l’IA). Pour une photo ou une vidéo du patient, la bonne pratique est de recueillir son accord exprès, de le noter et de garder l’image dans le dossier.

Recueillir et tracer le consentement, étape par étape

Deux minutes en début de séance, une ligne au dossier.

  1. Vérifiez qui consent

    Patient majeur, parent présent, autorisation écrite d’un parent absent, mesure de protection : notez qui donne l’accord.

  2. Expliquez avant de toucher

    Déroulé, zones, techniques envisagées, ce que le patient peut ressentir, risques connus, autres options, tarif (par écrit dès 70 € d’honoraires).

  3. Dites qu’il peut refuser ou arrêter

    À tout moment, sans se justifier. Proposez une alternative si une technique est refusée.

  4. Recueillez l’accord, et celui de l’enfant

    Un accord oral clair suffit. Pour un enfant, expliquez avec des mots simples et tenez compte de ce qu’il exprime.

  5. Notez-le dans la consultation

    Une ligne datée : information donnée, accord ou refus, personne qui a consenti. Mettez à jour quand la prise en charge change.

Sources

Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.

  1. [1]Code civil, article 16-3 (intégrité du corps humain, consentement préalable)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  2. [2]Code de la santé publique, articles L1111-1 à L1111-9 (information et consentement, version du 28 mai 2026)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  3. [3]Code civil, articles 371 à 371-6 (autorité parentale)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  4. [4]Code civil, articles 372 à 373-1 (exercice de l’autorité parentale, acte usuel)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  5. [5]Exercice de l’autorité parentale (fiche F3132) : actes usuels et non usuelsService-public.fr · service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  6. [6]Code civil, articles 457-1 à 463 (décisions personnelles du majeur protégé)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  7. [7]Tutelle d’un majeur (fiche F2120)Service-public.fr · service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  8. [8]Arrêté du 30 mai 2018 relatif à l’information des personnes destinataires d’activités de prévention, de diagnostic et/ou de soinsLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  9. [9]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, article 3 (avis médical préalable)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  10. [10]Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 13 (information des personnes)CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026

Questions fréquentes

Le patient peut-il retirer son consentement pendant la séance ?

Oui, à tout moment et sans justification. Arrêtez la technique en cours, proposez une alternative ou mettez fin à la séance, puis notez-le au dossier.

Faut-il refaire signer un formulaire à chaque séance ?

Aucun texte ne l’impose. Une information orale à chaque changement de prise en charge, notée au dossier, est plus utile qu’une signature répétée.

Une nounou peut-elle amener un enfant en séance ?

Elle n’exerce pas l’autorité parentale. Demandez une autorisation écrite d’un parent, avec un moyen de le joindre pendant la séance.

Puis-je soigner un enfant si un seul parent est d’accord ?

Pour un acte usuel, le parent présent est réputé agir avec l’accord de l’autre. Si vous savez que l’autre parent s’y oppose, recueillez l’accord des deux ou reportez la séance.

Dois-je informer le patient que j’utilise un assistant d’IA ?

Oui, dans votre information RGPD, parmi les outils qui traitent ses données. Cela ne demande pas de consentement séparé, mais une information claire.

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