Quelles démarches pour ouvrir un cabinet d’ostéopathie ?
Les étapes ci-dessous suivent l’ordre le plus sûr : celles qui prennent du temps (enregistrement, local) d’abord, celles qui en prennent peu (affichage, outils) à la fin. Comptez plusieurs semaines entre la première démarche et la première séance.
Ouvrir son cabinet d’ostéopathie, étape par étape
L’ordre recommandé, du plus long au plus rapide. Chaque étape est détaillée plus bas.
Faire enregistrer son diplôme auprès de l’ARS
En ligne sur le portail eRPPS, avec votre diplôme et votre lieu d’exercice. L’ARS Pays de la Loire annonce un traitement d’au moins 8 semaines : commencez par là.
Choisir son statut et son régime fiscal
Entreprise individuelle (micro-entreprise ou déclaration contrôlée) ou société. Faites-vous conseiller par un expert-comptable ou une association de gestion (l’agrément de ces associations a été supprimé en 2025).
Déclarer son activité sur le guichet unique
Sur formalites.entreprises.gouv.fr, opéré par l’INPI. Vous recevez vos numéros SIREN et SIRET.
Souscrire l’assurance responsabilité civile professionnelle
Obligatoire pour l’exercice libéral (loi n° 2014-201). Gardez l’attestation : vous devez pouvoir justifier de votre couverture.
Trouver et préparer le local
Bail professionnel de six ans minimum, accessibilité aux personnes handicapées, registre public d’accessibilité, règlement de copropriété.
Poser la plaque
Elle indique votre diplôme (décret n° 2007-435, art. 14). Vérifiez les règles de l’immeuble avant de la fixer.
Ouvrir un compte bancaire pour l’activité
Obligatoire en micro-entreprise au-delà de 10 000 € de recettes deux années de suite, conseillé dans tous les cas.
Choisir ses outils
Logiciel de dossier et de facturation hébergé chez un hébergeur certifié pour les données de santé, carnet de notes ou notes générées, terminal de paiement si besoin.
Fixer et afficher ses tarifs
Honoraires et mention de non-conventionnement affichés dans la salle d’attente et là où l’on paie, information écrite préalable dès 70 € (arrêté du 30 mai 2018) ; conditions de remise de la note d’honoraires (arrêté n° 83-50/A, art. 2).
Déposer la déclaration de CFE
Formulaire 1447-C avant le 31 décembre de l’année de création : la CFE n’est pas due cette année-là.
Comment s’enregistrer auprès de l’ARS et obtenir son numéro RPPS ?
L’usage du titre d’ostéopathe est réservé aux titulaires d’un diplôme reconnu, et ils ne peuvent exercer « que s’ils sont inscrits sur une liste » tenue par le directeur général de l’ARS de leur résidence professionnelle (loi n° 2002-303, art. 75 (nouvel onglet)). Le décret n° 2007-435 (nouvel onglet) précise que cet enregistrement des diplômes est gratuit (art. 5).
Depuis la dernière bascule d’octobre 2024, les ostéopathes sont enregistrés au répertoire RPPS et reçoivent un numéro à 11 chiffres, qui ne change pas en cas de déménagement (Agence du numérique en santé (nouvel onglet)). La démarche se fait en ligne sur le portail eRPPS : première connexion avec FranceConnect, état civil, profession, une activité par lieu d’exercice, diplôme en PDF ou JPEG. L’ARS Pays de la Loire (nouvel onglet) la présente comme une étape obligatoire avant de démarrer et annonce un délai de traitement d’au moins 8 semaines.
Il n’existe pas d’ordre professionnel des ostéopathes exclusifs : l’enregistrement auprès de l’ARS est la démarche d’exercice obligatoire. Votre numéro RPPS vous servira ensuite sur vos notes d’honoraires, où les mutuelles le demandent (voir le RPPS).
Quel statut choisir et où déclarer son activité ?
La plupart des ostéopathes démarrent en entreprise individuelle, au régime de la micro-entreprise ou de la déclaration contrôlée ; d’autres créent une société. Le choix dépend de vos recettes attendues, de vos charges et de votre situation personnelle : c’est le sujet d’un premier rendez-vous avec un expert-comptable ou une association de gestion (voir faut-il adhérer à une association agréée ?). Notre calculateur de revenus et de charges donne une première estimation, et la page jeune diplômé rassemble ce qui aide à démarrer. En entreprise individuelle, la mention « EI » accompagne votre nom sur vos documents professionnels.
Quel que soit le statut, la déclaration se fait sur le guichet unique des formalités d’entreprises, formalites.entreprises.gouv.fr, obligatoire depuis le 1er janvier 2023 et opéré par l’INPI ; l’entrepreneur individuel qui exerce une profession libérale y fait ses formalités en ligne (Service-public.fr (nouvel onglet)). Vous obtenez vos numéros SIREN et SIRET.
Côté protection sociale, les ostéopathes relèvent du régime de retraite et d’invalidité-décès des professions libérales (Code de la sécurité sociale, art. L640-1 (nouvel onglet)), géré pour eux par la Cipav (statuts de la Cipav, art. 1er (nouvel onglet)). Retraite de base, retraite complémentaire et invalidité-décès figurent parmi les cotisations dues à l’Urssaf, avec l’assurance maladie et les allocations familiales (taux Urssaf des professions libérales relevant de la Cipav (nouvel onglet)) : vous n’avez qu’un interlocuteur pour payer. Voir aussi Urssaf et Cipav.
L’assurance responsabilité civile professionnelle est-elle obligatoire ?
Oui, pour l’exercice libéral. La loi n° 2014-201 du 24 février 2014 (nouvel onglet) impose aux professionnels autorisés à user du titre d’ostéopathe et exerçant à titre libéral de souscrire une assurance couvrant leur responsabilité civile pour les dommages corporels causés à des tiers. Depuis le 1er janvier 2015, chaque praticien doit pouvoir justifier que sa responsabilité est couverte (art. 1er). Le manquement est puni de 45 000 € d’amende, avec une interdiction d’exercer possible (art. 2).
Les plafonds de garantie ne peuvent être inférieurs à 8 millions d’euros par sinistre et 15 millions d’euros par année d’assurance, par professionnel (décret n° 2014-1347 (nouvel onglet)). Vérifiez ces montants sur votre contrat, et demandez ce qui est couvert pour les séances à domicile ou dans un autre cabinet. La même loi prévoit que l’ostéopathe n’engage sa responsabilité qu’en cas de faute, hors défaut d’un produit de santé. Voir aussi RCP.
Quelles règles pour le local du cabinet ?
Trois sujets à régler avant de signer :
- Le bail. Un local à usage exclusivement professionnel se loue par un bail écrit d’au moins six ans ; vous pouvez le quitter à tout moment avec un préavis de six mois (loi n° 86-1290, art. 57 A (nouvel onglet)). Si vous exercez chez vous, vérifiez votre bail, le règlement de copropriété et les règles de votre commune.
- L’accessibilité. Un cabinet qui reçoit des patients est un établissement recevant du public (ERP). Il doit être accessible aux personnes handicapées ou bénéficier d’une dérogation, demandée en mairie, par exemple pour impossibilité technique ou coût disproportionné. Pour un petit établissement (5e catégorie), le gestionnaire remplit lui-même l’attestation d’accessibilité ; un registre public d’accessibilité doit être consultable à l’accueil (Service-public.fr, F32873 (nouvel onglet) ; arrêté du 19 avril 2017 (nouvel onglet)).
- La plaque. L’ostéopathe indique son diplôme sur sa plaque et sur tout document (décret n° 2007-435, art. 14 (nouvel onglet)). Nous n’avons trouvé aucun texte qui fixe sa taille ; le règlement de copropriété peut en revanche l’encadrer.
Quels outils prévoir avant la première séance ?
- Un compte bancaire pour l’activité. En micro-entreprise, un compte dédié devient obligatoire quand les recettes dépassent 10 000 € deux années consécutives ; un compte personnel distinct peut suffire (Service-public.fr, F35991 (nouvel onglet)). Ouvrez-le dès le début : votre comptabilité sera plus simple.
- Un outil de dossier et de facturation. Les données de vos patients sont des données de santé : un logiciel en ligne doit les confier à un hébergeur certifié. Notre grille pour choisir son logiciel détaille les critères.
- Des notes d’honoraires conformes, remises pour toute séance d’au moins 25 € TTC, avec votre diplôme (obligatoire) et votre numéro RPPS (demandé par les mutuelles) (voir les mentions obligatoires).
- La réception des factures électroniques. Vos soins exonérés de TVA restent hors du champ de la facture électronique, mais depuis le 1er septembre 2026 toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir les factures électroniques de leurs fournisseurs (impots.gouv.fr (nouvel onglet)).
- L’affichage des honoraires. L’arrêté du 30 mai 2018 (nouvel onglet) s’applique aussi à l’ostéopathe exclusif : honoraires affichés de façon lisible dans la salle d’attente et à l’endroit où l’on paie, mention indiquant que la prestation n’est pas conventionnée (art. 5, 2°), information écrite préalable dès que les honoraires atteignent 70 € (art. 7). Affichez aussi les conditions de remise de la note (arrêté n° 83-50/A (nouvel onglet), art. 2) ; l’information sur les prix est par ailleurs une obligation générale (Code de la consommation, art. L112-1 (nouvel onglet)). Pour fixer le montant, voir notre méthode pour fixer le tarif de ses consultations.
Quelles charges prévoir la première année ?
La première année, trois postes surprennent souvent : les cotisations sociales, qui suivent vos recettes ; l’assurance ; et la CFE, qui arrive plus tard. L’entreprise est exonérée de CFE l’année de sa création, à condition de déposer la déclaration 1447-C avant le 31 décembre ; l’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié (Service-public.fr, F23547 (nouvel onglet)). Mettez de côté une part de chaque recette dès la première séance.
Avant d’ouvrir la porte
Les pièces à avoir sous la main le jour de la première séance.
Enregistrement auprès de l’ARS et numéro RPPS
Vérifiez qu’il apparaît dans l’Annuaire santé.
Numéros SIREN et SIRET
Attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle
Plafonds d’au moins 8 millions d’euros par sinistre et 15 millions par an.
Bail signé et attestation d’accessibilité ou dérogation
Registre public d’accessibilité à l’accueil
Plaque avec votre diplôme
Compte bancaire dédié à l’activité
Outil de dossier et de facturation paramétré
En-tête avec nom, mention « EI », diplôme, adresse, SIRET et RPPS.
Affichage des honoraires, mention de non-conventionnement et conditions de remise de la note
Arrêté du 30 mai 2018 et arrêté n° 83-50/A ; information écrite préalable dès 70 €.
Déclaration de CFE (1447-C) programmée avant le 31 décembre
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, article 75 (titre d’ostéopathe, inscription sur une liste)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 (enregistrement des diplômes, art. 5 ; plaque, art. 14)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]S’enregistrer dans le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS)ARS Pays de la Loire · pays-de-la-loire.ars.sante.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Dernière bascule des professions dans le répertoire RPPS (octobre 2024)Agence du numérique en santé · esante.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Formalités d’entreprises : un guichet unique au 1er janvier 2023Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Code de la sécurité sociale, article L640-1 (affiliation des ostéopathes au régime des professions libérales)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Statuts de la Cipav (2026), article 1erCipav · lacipav.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [8]Taux de cotisations des professions libérales réglementées relevant de la Cipav (mis à jour le 27 février 2026)Urssaf · urssaf.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [9]Loi n° 2014-201 du 24 février 2014, articles 1er et 2 (assurance obligatoire des ostéopathes)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [10]Décret n° 2014-1347 du 10 novembre 2014 (plafonds de garantie des ostéopathes et chiropracteurs)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [11]Loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986, article 57 A (bail professionnel)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [12]Accessibilité d’un établissement recevant du public (ERP), fiche F32873Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [13]Arrêté du 19 avril 2017 relatif au registre public d’accessibilitéLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [14]Compte bancaire du micro-entrepreneur, fiche F35991Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [15]Cotisation foncière des entreprises (CFE), fiche F23547Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [16]Code de la consommation, article L112-1 (information sur les prix)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [17]Arrêté du 30 mai 2018 relatif à l’information des personnes destinataires d’activités de prévention, de diagnostic et/ou de soinsLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [18]Arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les servicesLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [19]Facturation électronique : à partir de quand suis-je concerné ?impots.gouv.fr · impots.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Combien de temps prend l’enregistrement auprès de l’ARS ?
Le délai dépend des ARS. L’ARS Pays de la Loire annonce au moins 8 semaines à compter du dépôt sur le portail eRPPS : faites cette démarche en premier.
Faut-il s’inscrire à un ordre professionnel ?
Non. Il n’existe pas d’ordre des ostéopathes exclusifs. La démarche obligatoire est l’enregistrement de votre diplôme auprès de l’ARS de votre lieu d’exercice.
Le numéro ADELI est-il encore utilisé ?
Non. Depuis la bascule d’octobre 2024, les ostéopathes sont identifiés par leur numéro RPPS à 11 chiffres ; l’ADELI est obsolète.
Peut-on ouvrir un cabinet d’ostéopathie à son domicile ?
C’est possible, sous réserve de votre bail, du règlement de copropriété et des règles de votre commune. Le local reçoit du public : les règles d’accessibilité s’appliquent aussi.
La CFE est-elle due la première année ?
Non. L’entreprise en est exonérée l’année de sa création si elle dépose la déclaration 1447-C avant le 31 décembre ; la base est ensuite réduite de moitié l’année suivante.