Un ostéopathe est-il obligé d’accepter la carte bancaire ?
Non. Un professionnel est libre d’accepter ou de refuser la carte bancaire, comme le chèque. Il peut aussi l’accepter à partir d’un montant minimum. La condition est d’en informer les patients avant le paiement et de manière apparente, par une affiche à l’accueil ou près du lieu de paiement (Service-public, F22929 (nouvel onglet)).
Un refus non annoncé est un manquement à l’information du consommateur, passible d’une amende administrative de 3 000 € au plus pour une personne physique (Code de la consommation, art. L131-5 (nouvel onglet)). L’endroit naturel pour cette information est l’affiche de vos tarifs : voir notre guide sur l’affichage des tarifs de l’ostéopathe.
En pratique, beaucoup de patients n’ont plus de chéquier ni d’espèces sur eux. Accepter la carte réduit les oublis de paiement et les relances, sujet traité dans notre guide sur les impayés au cabinet.
Terminal, smartphone ou lien de paiement : quelles options ?
Trois familles de solutions coexistent. Elles diffèrent par le matériel, le mode de facturation et les situations où elles conviennent.
Les trois façons d’encaisser une carte au cabinet
| Critère | Terminal de paiement | Paiement sur smartphone | Lien de paiement |
|---|---|---|---|
| Matériel | Boîtier dédié, loué ou acheté, autonome ou relié au téléphone | Téléphone compatible avec une application d’encaissement sans contact | Aucun : un lien envoyé par SMS ou e-mail |
| Carte présente | Oui | Oui | Non |
| Code secret au-delà du sans contact | Oui, sur le clavier du terminal | Selon l’application et le téléphone | Authentification sur le téléphone du patient |
| Frais fixes | Location mensuelle ou achat, parfois frais de mise en service | Souvent aucun abonnement | Selon l’offre |
| Frais variables | Commission par paiement | Commission par paiement | Commission par paiement |
| Situations adaptées | Cabinet avec un volume régulier | Séances au domicile, cabinet secondaire | Paiement à distance, oubli de paiement, facture à une entreprise |
| Points de vigilance | Durée d’engagement, frais de résiliation | Batterie, réseau mobile, compatibilité | Lien à usage unique, délai de paiement |
Comparaison qualitative, sans tarif de prestataire (les offres et leurs prix varient et changent souvent) · Demandez à chaque prestataire une offre écrite et comparez-les sur votre volume réel de paiements par carte.
Quels frais comparer avant de choisir ?
Le coût d’une solution d’encaissement se compose presque toujours de deux parties. Comparez-les sur une année, avec vos chiffres réels.
- Les frais fixes : location ou achat du terminal, abonnement mensuel, frais de mise en service, frais de résiliation et durée d’engagement.
- Les frais variables : la commission prélevée sur chaque paiement, en pourcentage, en montant fixe, ou les deux. Vérifiez si elle varie selon le type de carte (débit, crédit, carte professionnelle, carte étrangère).
- Les conditions : délai de versement sur votre compte, frais en cas de remboursement ou de contestation, relevés exportables pour votre expert-comptable.
Exemple aux chiffres purement illustratifs, qui ne reflètent aucune offre réelle, à refaire avec vos propres devis : avec 25 séances par semaine payées par carte, 46 semaines travaillées et une séance à 60 €, vous encaissez 69 000 € par carte dans l’année. Une commission de 1 % représente 690 € ; un abonnement de 20 € par mois, 240 €. Une offre sans abonnement mais à commission plus élevée peut coûter plus cher à ce volume, et moins cher à faible volume.
Peut-on facturer des frais au patient qui paie par carte ?
Non. Le Code monétaire et financier (art. L112-12) (nouvel onglet) interdit au bénéficiaire d’un paiement d’appliquer des frais pour l’utilisation d’un instrument de paiement donné. Vous ne pouvez donc pas ajouter « 1 € de frais de carte » à la séance. Le même article permet l’inverse : proposer une réduction pour un moyen de paiement, à condition d’en informer le patient avant le paiement. Selon Service-public, surfacturer selon le moyen de paiement expose à une amende de 75 000 € pour un entrepreneur individuel.
Espèces, chèque, virement : que pouvez-vous refuser ?
Les règles diffèrent selon le moyen de paiement (Service-public, F22929 (nouvel onglet)) :
- Espèces : vous devez les accepter. Un refus sans motif valable est puni d’une amende de 150 € (Code pénal, art. R642-3). Les motifs admis sont limités : billets abîmés ou suspects de contrefaçon, plus de 50 pièces, impossibilité de rendre la monnaie. Un paiement en espèces ne peut pas dépasser 1 000 € lorsque le patient a son domicile fiscal en France (Code monétaire et financier, art. D112-3), sauf s’il n’a aucun autre moyen de paiement.
- Chèque : vous pouvez le refuser, ou fixer un minimum, si c’est clairement affiché. Vous pouvez demander une pièce d’identité. En cas de chèque sans provision de plus de 15 €, la banque du patient délivre un certificat de non-paiement à l’issue d’un délai de 30 jours (Service-public, F1537 (nouvel onglet)).
- Virement : aucun texte ne vous oblige à l’accepter ; il est pratique pour une facture adressée à une entreprise ou à un club.
Faut-il un compte bancaire professionnel ?
En micro-entreprise, un compte dédié à l’activité devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives (Code de la sécurité sociale, art. L613-10, selon la fiche Service-public F35991 (nouvel onglet) vérifiée le 28 mai 2026). Ce compte peut être un compte personnel, distinct de celui de vos dépenses privées, au nom de l’« entrepreneur individuel » ou « EI ». Le choix du régime fiscal est détaillé dans notre guide micro-BNC ou déclaration contrôlée.
Hors micro-entreprise, nous n’avons pas trouvé de texte qui impose un compte distinct à l’ostéopathe en entreprise individuelle. C’est pourtant la bonne pratique : les encaissements par carte arrivent groupés, et un compte séparé simplifie le rapprochement avec vos notes.
Que noter sur la note d’honoraires quand le patient paie par carte ?
La note se remet après la séance et avant le paiement dès 25 € TTC (arrêté n° 83-50/A (nouvel onglet)). Une fois réglée, indiquez « acquittée le … par carte bancaire » : les mutuelles demandent en pratique une note acquittée, comme le détaille notre guide sur le remboursement par la mutuelle. En cas de règlement en plusieurs fois ou par plusieurs moyens, notez chaque règlement.
Mettre en place le paiement par carte, étape par étape
Une démarche à faire une fois, avant d’annoncer la carte à vos patients.
Mesurez votre besoin
Nombre de séances par mois, part des patients qui paient par carte, séances au domicile, factures à des entreprises.
Demandez deux ou trois offres écrites
Auprès de votre banque et de prestataires spécialisés : frais fixes, commission, délai de versement, engagement.
Comparez sur une année
Appliquez chaque offre à votre volume réel. Vérifiez les frais de résiliation et l’export des relevés.
Affichez votre politique de paiement
Moyens acceptés, éventuel montant minimum pour la carte, refus du chèque si c’est votre choix, sur l’affiche des tarifs.
Organisez le rapprochement
Chaque semaine, comparez les versements reçus sur votre compte avec les notes acquittées par carte.
Avant de signer avec un prestataire de paiement
Commission par paiement, selon le type de carte
Frais fixes : location, abonnement, achat, mise en service
Durée d’engagement et frais de résiliation
Délai de versement sur votre compte
Frais en cas de remboursement ou de contestation
Fonctionnement hors du cabinet
Réseau mobile, batterie, séances au domicile.
Relevés exportables pour l’expert-comptable
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Quel paiement un professionnel peut-il refuser ? (fiche F22929)Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [2]Code monétaire et financier, article L112-12 (frais liés à un instrument de paiement)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [3]Code de la consommation, article L131-5 (amende administrative)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Compte bancaire du micro-entrepreneur (fiche F35991)Service-public.fr · entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Que faire en cas de réception d’un chèque sans provision ? (fiche F1537)Service-public.fr · service-public.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 relatif à la publicité des prix de tous les servicesLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [7]Code général des impôts, article 93 (bénéfice non commercial : recettes moins dépenses)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Puis-je imposer un montant minimum pour payer par carte ?
Oui, à condition de l’afficher clairement avant le paiement, par exemple sur l’affiche des tarifs. Pour une séance, un minimum supérieur au prix de la séance reviendrait à refuser la carte : annoncez-le comme tel.
Puis-je ajouter des frais si le patient paie par carte ?
Non, l’article L112-12 du Code monétaire et financier l’interdit. Vous pouvez en revanche accorder une réduction pour un autre moyen de paiement, en l’annonçant avant le paiement.
Un patient peut-il payer une série de séances en espèces ?
Oui, dans la limite de 1 000 € par paiement s’il a son domicile fiscal en France. Au-delà, demandez un autre moyen de paiement.
Le paiement sur smartphone est-il fiable pour les séances au domicile ?
Il évite de transporter un terminal, mais dépend du réseau mobile et de la batterie. Prévoyez une solution de repli, comme un lien de paiement ou un virement.
Les frais bancaires d’encaissement sont-ils déductibles ?
En déclaration contrôlée, les dépenses nécessitées par l’exercice de la profession se déduisent de vos recettes (CGI, art. 93). En micro-BNC, l’abattement forfaitaire couvre déjà vos charges. Faites valider le traitement par votre expert-comptable.